vendredi 20 avril 2018

Le Procès de Rogue - CHAPITRE VII : LE DÉFAUT DU PLAN DE LA DÉFENSE, LE CAS NEVILLE LONDUBAT

Consulter les chapitres précédents  : Chapitre I - Chapitre II - Chapitre III - Chapitre IV - Chapitre V - Chapitre VI

Le Procès de Rogue

Au cours des sept années dont nous sommes témoins à travers les différents tomes de Harry Potter, il y a un deuxième élève que Severus Rogue semble traiter avec plus de mépris que les autres. Cet élève, c’est évidemment Neville Londubat. Celui-ci ne possédant pas les circonstances particulières de la relation entre Harry et Rogue sur lesquelles je suis déjà longuement revenue, le cas de Neville Londubat est un peu plus difficile à défendre pour les avocats de Severus Rogue. Mais, puisqu’on est là pour tenter de mieux comprendre, c’est ce qu’on va essayer de faire.

CE QUE DIT VRAIMENT L’ÉPOUVANTARD
La forme que prend l’épouvantard de Neville est un argument sur lequel les anti-Rogue aiment beaucoup se reposer dans la défense de leur point de vue. Selon eux, le fait qu’un adolescent dont les parents ont été torturés jusqu’à la folie par Bellatrix Lestrange ait davantage peur de Rogue que de Bellatrix prouve à quel point Rogue est mauvais. À mes yeux, l’absurdité de cet argument tient à deux aspects ignorés par les personnes précédemment citées. Il y a d’abord méprise sur ce qu’est un épouvantard et ensuite non-considération de la psychologie d’un adolescent. En troisième année, lors du premier cours du professeur Lupin, Hermione donne la définition suivante.

« C’est une créature qui change d’aspect à volonté en prenant toujours la forme la plus terrifiante possible. » - Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban (Chapitre 7, « Un Épouvantard dans la Penderie »).

Comme d’habitude avec Hermione, la définition académique est brillante d’exactitude mais, comme souvent, elle manque aussi de nuances. Les exemples donnés dans la suite du chapitre cité montrent que les formes prises par un épouvantard relèvent souvent de la phobie ou prennent en compte une notion de possibilité et de proximité plutôt que de reposer sur la rationalité. Il y a fort à parier que, si l’on donnait aux élèves de Poudlard le choix entre se retrouver face à un gros rat, un serpent à sonnette (exemples cités dans ledit chapitre) ou un Voldemort au sommet de sa puissance et en colère, beaucoup choisirait d’affronter leur phobie. Ron, bien que terrifié par les araignées depuis des années, se retrouve tout de même face à un épouvantard très semblable aux spécimens qu’il sait habiter dans la Forêt Interdite à ce moment même. La forme de l’épouvantard de Harry, si elle reposait sur la rationalité, se rapprocherait sans doute plus du cadavre de ses amis, de quelqu’un lui annonçant son renvoi de Poudlard et du monde des sorciers ou, dans l’absolu et comme c’est envisagé par lui-même et par Lupin, d’un Voldemort au sommet de sa puissance. Pourtant, son épouvantard prend la forme d’une créature qu’il vient de rencontrer, contre laquelle il ne sait pas se défendre et qu’il sait se trouver aux portes même du château à ce moment-là. La définition de l'épouvatard se rapproche donc plus de 'la forme la plus terrifiante possible à ce moment-même' ou même de ce que la cible identifie consciemment comme ce qui lui fait peur - une phobie - plutôt que ce qui serait réellement la situation la plus terrifiante possible pour elle. On peut donc difficilement recevoir la forme d’un épouvantard comme argument rationnel pour quoi que ce soit. Au moment de cette scène, Neville se retrouve plusieurs fois par semaine en présence de Rogue, un professeur qui lui fait peur et avec qui il obtient de mauvais résultats et qui, de surcroit, vient de quitter la pièce. Bellatrix Lestrange, toute terrifiante qu’elle soit, se trouve très loin, dans une cellule de la prison d’Azkaban dont il n’est jamais prévu qu’elle sorte à ce moment de l'histoire. Neville ne s’est en plus jamais retrouvé en sa présence. Il faut aussi se souvenir que Neville est, à ce moment-là, un adolescent de 13 ans. Un âge auquel une humiliation dans la cours de récréation, une mauvaise note ou une heure de cours avec un professeur sévère est souvent un sort perçu comme bien plus terrible que cela ne l'est réellement. Cela ne signifie pas que ledit professeur est une incarnation du mal, simplement qu’un adolescent manque souvent de recul et de perspective.

Rogue Neville fanart
© Art by Neizu

LA THÉORIE INTÉRESSANTE LIÉE À LA PROPHÉTIE
Le fait que je m’intéresse ici à Neville Londubat n’est pas lié au hasard. Severus Rogue a certainement dû traumatiser des quantités d’élèves sans que leur cas soit aussi intéressant - du moins pour ce qui nous concerne ici - que celui de Neville. Comme on le sait, le personnage de Harry Potter est très lié à la deuxième partie de la vie de Rogue. Et Neville, parce qu’il aurait pu être celui que désignait la prophétie, a un parcours qui évolue en parallèle de celui de Harry sans jamais vraiment le rejoindre. Sahil Juneja, un fan particulièrement pointu, s’est intéressé aux raisons de la haine que semble porter Severus Rogue à Neville Londubat et s’est appuyé sur les informations de la prophétie pour dégager une théorie. Il explique que,  parce que Neville aurait pu être l’enfant de la prophétie, il incarne, tout comme Harry, la culpabilité, la tristesse, la colère et la détestation que Rogue ressent envers lui-même. Ce cocktail d’émotions enfouies et refoulées rejaillit inconsciemment sur cet élu manqué. Si les bases de cette théories me semblent tout à fait cohérentes et recevables, j’en ai cependant fait une interprétation différente que j’explique dans le paragraphe suivant. Pour en terminer avec les réflexions de Sahil Juneja, il estime aussi que la cruauté de Rogue envers Neville s’explique par le passé de maltraité de Rogue.

"Ceux qui ont été maltraités pendant leur enfance ont tendance à maltraiter les autres plus tard. Ça montre leur puissance face aux faibles, et ils ont l’air plus forts et plus courageux", dit-il.

Là encore, pour moi, les bases sont intéressantes mais je ne suis pas complètement en accord avec l’interprétation. Mais la notion de courage chez Rogue est une thématique que j’aborderai dans le prochain (et dernier !) chapitre de cette démonstration.

NEVILLE, L’AUTRE COUPABLE
À mon sens, les sentiments de Rogue envers le lien entre Neville et la prophétie sont plus profonds et plus terribles que ne les décrive la théorie précédemment. Il me semble que si Rogue déteste autant Neville, c’est parce que, arbitrairement, il lui en veut. Neville incarne le facteur qui, en dépit de la plus grande erreur de Rogue, aurait pu sauver de Lily. Si Voldemort avait choisi Neville Londubat comme cible, l’erreur de Rogue n’aurait pas eu les conséquences dramatiques qu’elle a eu sur sa vie. Pourquoi Voldemort a-t-il « préféré » les Potter aux Londubat ? Par hasard ? Voldemort n’a jamais été homme à laisser au hasard le soin de prendre des décisions pour sa vie. Il devait avoir ses raisons (certainement liées à la puissance magique et au potentiel des enfants) et je suis persuadée que Rogue, qui a toujours estimé l’intelligence et le pouvoir détenu par Voldemort, a porté considération à ces raisons. Lorsque, dix années plus tard, Rogue voit arriver à Poudlard un garçon qui ne semble pas présenter de grands pouvoirs magiques, qui réussi à faire fondre un chaudron en préparant une simple potion contre les furoncles et qui, globalement, ne présente en rien l’envergure d’un rival ou d’un successeur au Seigneur des Ténèbres, il estime sans doute - consciemment ou non - que la médiocrité qu’il voit chez Neville - et qui lui semble supérieure à la médiocrité qu'il voit chez Harry - explique le fait que Voldemort ne l’ait pas pris pour cible. Si Neville avait été plus intelligent, plus prometteur, s’il avait manifesté de plus grands pouvoirs magiques au cours de sa première année de vie, Voldemort se serait sans doute tourné vers lui plutôt que Harry. Si Neville avait été un plus grand sorcier, Lily ne serait pas morte - c'est ainsi que j'imagine la réflexion de Rogue au sujet du fils Londubat.
Ce qui m’amène la transition parfaite vers ma réflexion suivante. Le pendant négatif de l’amour de Rogue pour la magie, le pouvoir et la connaissance, c’est son mépris pour la stupidité, l’incompétence et la médiocrité - les attributs qu’il voit en Neville. Aux yeux de Rogue, Neville ne possède pas les qualités qui font d’un homme un grand sorcier et, si on veut faire preuve d’objectivité, on peut estimer que, sous certains aspects, Rogue n’a pas totalement tort. Qu’on s’entende bien et avant que le monde entier me tombe dessus, je reconnais évidemment que Neville Londubat est un héros, un garçon respectable, courageux et droit dans ses bottes. Gloire à Neville Londubat. Mais du point de vue du sens stricte de la puissance magique, il n’a jamais fait de prouesses. On avance souvent son manque de confiance en lui pour expliquer ses difficultés mais si son manque de confiance était la seule explication, il sévirait partout. Pourtant Neville excelle en botanique. Il détruit Naguini et l’horcruxe qu’il incarne avec une épée. Et, lorsqu’il s’oppose à ses amis, il n'utilise pas sa baguette mais ses mains nues

« Et il lâcha son crapaud qui disparut sous un meuble.
-Essaye de me frapper, dit-il en levant les poings. » - Harry Potter à L’École des Sorciers (Chapitre 16, « Sous la Trappe »).

En bref, Neville est doué, compétent et il incarne un grand homme/sorcier pour la plupart des gens - uniquement lorsque ce qu’il fait ne nécessite pas de magie. Pour ce qu’on en sait, toutes les actions précédemment citées (manier une épée, être un génie en botanique, s'opposer physiquement à ses amis) et qui sont souvent les faits de gloire qu’on évoque au palmarès de Neville auraient pu être effectuées par un moldu sans que ça ne fasse la moindre différence. Lorsqu’il s’agit de pouvoirs magiques au sens strict du terme, Neville galère beaucoup - et beaucoup plus que les autres. Il ne manifeste pas le moindre pouvoir avant ses 8 ans et, de mémoire, il fait presque toujours partie des derniers à maîtriser les sortilèges enseignés par Harry avec l’Armée de Dumbledore (en dehors de la séance mentionnant le charme du Bouclier). Bien sûr, cela fait apparaître chez lui d’autres qualités telles que la persévérance, la force de travail et le courage. Mais, pour en revenir à Rogue, ce ne sont pas des qualités qu’il attribue à l'idée qu'il se fait d'un grand sorcier. Un sorcier qui doit travailler comme un acharné pour atteindre un résultat moyen ou tout au plus correct, n’intéresse pas quelqu’un qui n’a toujours eu que l’excellence comme ligne de conduite.

EN RÉSUMÉ
Pourquoi j’estime que Neville Londubat constitue le défaut dans le plan de la défense de Rogue ? Parce que le traitement particulier que le professeur réserve à son élève a des raisons qui, si elles sont identifiables, qu’elles soient vérifiées ou théoriques, sont moins excusables que la complexité de la relation qui existe entre Harry et Rogue. Ces deux derniers n’auraient sans doute jamais pu avoir une relation normale mais Neville n’aurait pas dû être traité différemment que tous les autres élèves.
Est-ce que ça modifie mon opinion à propos de Rogue ? Très peu. Parce qu'une fois de plus, cela renvoie à la manière dont doit (ou peut) être jugé un homme. Si ses mauvaises aspects annulent tout ce qu’il a accompli de bon ou si tout ce qu’il est et ce qu’il a fait doit être considéré comme un ensemble qui peut se compenser ou au moins s’équilibrer. Et, si l’on choisit cette deuxième option, le seul contenu du dernier chapitre de cette démonstration devrait être en mesure, non pas d’effacer ou d’excuser, mais de pardonner tout ce qui a été légitimement reproché (et on a vu tout au long de ces chapitres que, peut-être, les exemples ne sont pas si nombreux) à Severus Rogue.


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Les chapitres précédents et suivants sont répertoriés dans l'article d'Introduction & Sommaire au fur et à mesure de leur publication.

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Lily

1 commentaire:

  1. Je veux partager mon témoignage sur la façon dont j'ai pu récupérer mon mari vers septembre et avec l'aide de Dr.Padman parce que mon homme m'a quitté pendant plus de 2 ans et est parti avec une autre dame et que je ne pouvais pas continuer ma vie. En raison de l'amour que j'ai pour lui le mois dernier, j'ai vu un témoignage sur Internet expliquant comment Dr.Padman aidait quelqu'un avec un sortilège d'amour. Je ne le crois donc jamais, mais je dois juste essayer de faire ce que j'ai fait et je l'ai contacté par courrier électronique: padmanlovespell@yahoo.com et il m'a dit ce que je devais faire et après 2 jours, j'ai reçu un appel de mon mari me demandant de revenir à lui, c'était comme un rêve pour moi. Je suis si heureux maintenant que nous sommes de nouveau réunis. Merci à Dr.Padman et je conseillerai à toute personne ayant besoin d'aide de le contacter par e-mail. (padmanlovespell@yahoo.com) Je l'ai cru et aujourd'hui, je suis heureux de vous faire savoir que ce lanceur de sorts a le pouvoir de ramener les amoureux. parce que je suis maintenant heureux avec mon mari. Merci pour Dr.Padman

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