Et voici la chronique complémentaire de mon dernier update lecture :) Comme elle était un peu trop longue pour le format, j'ai préféré lui consacrer un article à part entière.
Promis, après ça, j'en ai fini avec mes lectures d'hiver ! En même temps j'ai rien prévu de particulier pour les autres saisons donc ce n'est pas SI grave si j'ai un peu débordé ;-).
La Passe-Miroir (Tome 1), Les Fiancés de l'Hiver - Christelle Dabos ★★★☆☆
J'ai mis un peu de temps à me lancer dans cette lecture. Les avis unanimement positifs de la blogo et de la booktubosphère me faisaient un peu peur et je redoutais l'effet Aristote & Dante. Et puis, parce que je n'ai aucunement l'intention de mourir idiote, je me suis jetée à l'eau. Remarque que, si je ne l'avais pas fait, ce titre ne ferait pas l'objet d'un article, donc je ne t'apprends pas grand chose.
Pour ne pas faire durer un suspense inutile, je n'ai pas trouvé ce premier tome désagréable. J'ai ressenti beaucoup d'imagination et de potentiel vis-à-vis de cet univers auquel j'ai trouvé des similitudes avec la fantaisie et l'absurdité d'un Alice aux Pays des Merveilles ou de L'Écume des Jours de Boris Vian (ou des souvenirs que j'en ai). Ce n'est pas tout à fait ce à quoi je m'attendais, ni mon genre de prédilection mais ma foi, pourquoi pas. Ça a le mérite de ne pas être vraiment courant dans la littérature jeunesse, donc un bon point pour Christelle.
Fiouf, ce que je suis sympa (ça change, je sais). Tu étais là pour des reproches et des réserves ? Ne bouge pas, j'arrive. Il faut bien que je justifie ces deux étoiles ajourées.
Dans un premier temps, j'ai trouvé Les Fiancés de l'Hiver assez lent. Il ne se passe pas grand chose pendant un bon trois-quart de bouquin, et ça fait pas mal long. J'ai eu l'impression que l'histoire ne commençait véritablement que lorsque l'action se déroulait chez Archibald et que les choses avançaient enfin. Et pile au moment où ça devient intéressant, paf ! On arrête le tome 1. Autant un bon cliffhanger de série TV ne me dérange pas, autant sur un livre, ça a tendance à me souler.
Dans un deuxième temps, j'ai trouvé ce livre légèrement confus. Dans le monde de Christelle Dabos, il y a peu de points communs avec notre univers et Ophélie, le personnage principal, est elle déjà très familière avec ce qui l'entoure. Même si elle ne connaît pas du tout l'arche du Pôle, elle l'appréhende avec une grille de compréhension qui n'est pas celle du lecteur. L'effet du personnage-miroir n'est donc pas optimal. Les différents clans, les esprits de famille, les dons familiaux, les talents personnels et tout le reste : la richesse de l'univers fait qu'il est assez difficile à assimiler. Du moins pour moi. À ma connaissance, personne d'autre ne s'en est plaint.
Et en parlant de talents, j'ai regretté que ceux d'Ophélie soit finalement si peu exploités dans ce premier tome. La capacité à se déplacer à travers les miroirs m'a plus donné l'impression d'être un outil d'auteur (destiné à faire avancer ou résoudre les intrigues) plutôt qu'une réelle plus-value pour l'histoire ou le personnage. Quant à ses dons de lectrice, elle ne s'en sert quasiment jamais. Ce n'est pas autorisé, il ne faut pas le faire à tout bout de champ pour ne pas altérer l'histoire des objets, blablabla et que sais-je d'autre. J'espère que les deux "pouvoirs" ont davantage d'utilité et de raisons d'être dans les tomes suivants. Autrement, ce serait un peu du gâchis.
Sans surprise, Ophélie n'a pas éveillé le moindre intérêt en moi. Comme je le disais dans ma réflexion sur cet archétype de personnage féminine jeune, maladroite et grande lectrice, je la trouve finalement assez similaire à toutes ses petites camarades de la littérature jeunesse.
Thorn, sans surprise non plus, m'a un tout petit peu plus intéressée, même s'il n'est pas exempt de défauts et de clichés. Il n'est pas facile à décrypter mais ses talents ont beaucoup de potentiel. Je suis curieuse de découvrir la manière dont l'auteure va l'exploiter et le développer dans les tomes suivants. J'espère ne pas être déçue, parce que je mise beaucoup sur lui !
Dernier détail qui m'a un peu gênée, c'est la répétition dans la description des personnages. Chacun possède un nombre réduit de caractéristiques physiques souvent répétées. À titre d'exemple, voici ce qui est écrit page 134, au sujet de la tante Roseline :
« À la lumière de la lanterne, son teint paraissait plus jaune encore qu'à l'accoutumée. »
et ce qui est écrit seulement 43 pages plus loin, toujours au sujet de la tante Roseline :
« La lumière de la lampe rendait son teint plus jaune qu'il ne l'était déjà au naturel. »
TU L'AS DÉJÀ DIT.
De mémoire, il y a les mêmes redondances avec la taille de Thorn et la beauté de Berenilde. J'ai trouvé ça un peu lourd. Qu'il y ait des rappels à chaque début de tome, je comprends, mais à priori je n'ai pas eu le temps d'oublier que Thorn était immense en 40 pages. Cela me surprend un peu de la part d'une maison de la qualité de Gallimard.
Comme souvent, j'ai passé beaucoup plus de temps sur le négatif que sur le positif, mais comme d'habitude, je l'écris tel que je le pense. Je ne regrette pas du tout de m'être lancée dans la saga et je suis convaincue que c'est un premier tome de qualité pour le genre. Pas tout à fait au niveau d'un Harry Potter ou d'un À la Croisée des Mondes (que je garde toujours en référence) mais tout de même très au dessus de la moyenne. J'aurais aimé lui accorder un 4/5 mais les longueurs ont un peu plombé mon appréciation. Disons que pour ce premier tome, ce serait plutôt un 3,5.
Je sais que vous êtes beaucoup à avoir aimé le livre, alors si tu fais partie de ses fans, n'hésite pas à me dire ce que tu en as pensé, les points sur lesquels on est en accord ou en désaccord. Et à m'encourager pour la lecture du tome 2 ;-).
Lily
Lily





