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dimanche 1 octobre 2017

Update lecture : une jolie plume, un genre particulier et Row-Row.


Je continue de vider ma Pile à Chroniquer avec deux livres dont on a beaucoup entendu parler sur la blogo et la booktubosphère et le troisième volume des enquêtes du détective privé Cormoran Strike. Pour connaître le verdict, c'est tout de suite !

Le livre de Perle - Timothée de Fombelle

Le Livre de Perle - Timothée de Fombelle
★★★★☆

Quatrième de couv' : Tombé dans notre monde une nuit d'orage, un homme emprunte le nom de Joshua Perle. Commence alors pour lui une vie fugitive, une quête mystérieuse. Mais ceux qui l'ont banni et le traquent le laisseront-ils trouver le chemin du retour ? Perle a-t-il raison de pense que la fille qu'il aime l'attend toujours là-bas ?

Le Livre de Perle est une histoire dont j'avais souvent entendu parler sans vraiment saisir de quoi elle parlait. Tout ce que je savais, c'est qu'elle avait beaucoup plu à pas mal de gens. J'ai profité de sa sortie en poche pour l'acquérir et de l'été pour le sortir de ma PAL.
Ce que je peux dire dans un premier temps, c'est que je suis tombée immédiatement sous le charme de la plume de Timothée de Fombelle. Il y a, dans son style, une simplicité, une pureté et une poésie qui sont vraiment très agréables. En une douzaine de pages, j'avais déjà relevé de nombreuses petites pépites de phrases, d'expressions et d'assemblages de mots.

Citation Le livre de Perle - Timothée de Fombelle

L'histoire en elle-même est sans doute aussi douce que les mots qui la racontent. Elle joue sur la magie, sur l'imaginaire, sur les croyances de l'enfance et celles qu'on a choisi de conserver à l'âge adulte. J'ai passé un joli moment de lecture et je serais bien curieuse de continuer à explorer l'univers si prometteur de l'auteur (si je n'avais pas déjà 91 autres trucs à lire, évidemment).

Citation Le livre de Perle - Timothée de Fombelle

Citation Le livre de Perle - Timothée de Fombelle


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Wild Cheryl Strayed

Wild - Cheryl Strayed
★★★☆☆

Quatrième de couv' : Lorsque, sur un coup de tête, Cheryl Strayed enfile son sac à dos, elle n'a aucune idée de ce qui l'attend. Tout ce qu'elle sait, c'est que sa vie est un désastre. Entre une mère trop aimée, brutalement disparue, un divorce douloureux et un lourd passé de junky, Cheryl vacille. Pour tenir debout et affronter les fantômes de son passé, la jeune femme n'a aucune réponse, mais un point de fuite : tout quitter pour une randonnée sur le "Chemin des crêtes du Pacifique". Lancée au coeur d'une nature immense et sauvage, seule sous un sac à dos trop lourd, elle doit avancer pour survivre, sur 1700 kilomètres d'épuisement et d'effort, et réussir à atteindre le bout d'elle-même.

Wild est ma deuxième expérience avec le nature writing. Ma première n'ayant pas franchement été concluante, je n'attendais pas grand chose de celle-ci. Ça tombe bien, puisque je n'en ai pas tiré grand chose. En fait, je crois que j'aime bien le nature writing. J'aime lire des récits de vie loin du confort citadin, j'aime lire les descriptions de paysages sauvages ou quasi-sauvages et j'aime lire le quotidien de ces personnes qui choisissent d'y vivre un moment ou de les traverser. Mon problème je crois, et que je n'aime pas les gens qui écrivent du nature writing. Tu m'diras, comme je n'aime pas grand monde, ce n'est guère surprenant.
Habituellement, ne pas aimer les auteurs ne pose pas beaucoup de soucis en lecture. Personnellement, je n'y ai jamais fait grandement attention. Dans ce genre particulier qu'est le nature writing, comme le récit tient d'avantage du carnet de bord ou du journal intime, c'est un peu plus gênant de ne pas particulièrement apprécier la personne qui écrit. Ou de n'avoir aucune empathie pour elle. Pour persister dans ce domaine de la littérature, mon objectif va donc être de trouver un livre de nature writing qui me parle et dont je sois susceptible d'apprécier l'auteur. Tout un programme. 
Navrée de ne pas être plus spécifique à propos du livre Wild en lui-même. Ce n'est pas une lecture qui m'a laissée une très grande impression, en dehors des faits que je viens d'exposer.

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La carrière du mal - Robert Galbraith

La Carrière du Mal - Robert Galbraith / J. K. Rowling
(3ème tome)
★★★★☆

Quatrième de couv' : En arrivant au bureau un matin, Robin - la jeune assistante du détective privé Cormoran Strike - trouve un colis qui lui est personnellement adressé. À l'intérieur : la jambe tranchée d'une femme. Pour Cormoran Strike, seuls quatre individus sont capables d'une telle atrocité. Quatre noms tout droit sortis de son propre passé. Persuadés que la police fait fausse route, Strike et Robin se lancent dans une enquête périlleuse, traquant un tueur psychopathe et fétichiste aux motivations insoupçonnables... 

Me voici lancée pour chroniquer la troisième aventure du détective Cormoran Strike et de son assistante/associée Robin Ellacott. Pour se faire, j'ai été relire mes avis sur L'Appel du Coucou et sur Le Ver à Soie, et, ma foi, j'avais oublié que le premier m'avait fait une aussi forte impression (même si le titre de l'article laisse pour le coup présager du contraire). 
Mon avis sur La Carrière du Mal est sensiblement le même que pour Le Ver à Soie. C'est toujours un véritable plaisir de retrouver Maman Rowling. À chaque fois, je me réjouis de me replonger dans l'atmosphère londonienne et britannique qu'elle sait si bien écrire, dans l'ambiance si particulière - et dont le réalisme semble tellement juste - du quotidien de Strike, dans la fluidité du récit qui fait tourner les pages sans s'en apercevoir.
Mon seul reproche est également le même que pour le tome précédent : celui d'un peu tirer en longueur. Dans ce troisième tome, quatre noms de suspects sont très vite formulés et on passe tout le livre à naviguer entre ces personnes, à tenter de les retrouver et de prouver leur innocence ou leur culpabilité. Je ne te dirai pas si le/la/les coupable(s) se trouve(nt) réellement parmi eux mais j'ai trouvé que ce procédé d'enquête faisait un peu tourner l'histoire en rond. C'était peut-être le but, tu m'diras, mais ce n'est pas ce dont je suis la plus fan.
En dehors de cela, j'ai de plus en plus d'affection pour Cormoran et pour sa relation avec Robin (et je continue de prier pour qu'ils ne soient jamais ensemble - même si je dois probablement être la seule) et j'attends avec de plus en plus d'impatience les tomes suivants. L'adaptation des romans en série n'est d'ailleurs pas complètement étrangère à cet attachement grandissant. La série Strike est vraiment réussie et respectueuse des livres - particulièrement de L'Appel du Coucou. Sans compter que Tom Burke et Holliday Grainger (ça ne s'invente pas...) sont les visages parfaits des personnages qu'ils incarnent. Bref, en livres ou en épisodes, je persiste à chaudement recommander.



Si tu as lu ces livres, que tu as envie de les lire ou que tu as un quelconque avis que tu aimerais partager sur un quelconque sujet ou une question ultra-précise dont tu penses que je pourrais détenir la mystérieuse réponse, je t'attends ci-dessous ! ;-).

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Lily

jeudi 28 septembre 2017

Chronique d'une lectrice en colère : Lettre d'une inconnue - Stefan Zweig


Je ne crois pas avoir pour habitude de consacrer un article entier à une lecture qui m'a particulièrement déplu - du moins, je ne crois pas.  (Avec le recul, je ne suis pas complètement certaine que ce soit vrai.) Sauf, évidemment, quand j'ai été particulièrement agacée, comme je l'ai été par l'histoire que je te présente aujourd'hui. Je n'ai, bien entendu, rien à reprocher à la forme. Mais le fond. Mon dieu, le fond. Chronique.

Lettre d'une inconnue - Stefan Zweig
★☆☆☆☆

Quatrième de couv' : Un amour total, passionnel, désintéressé, tapi dans l'ombre, n'attendant rien en retrour que de pouvoir le confesser. Une blessure vive, la perte d'un enfant, symbole de cet amour que le temps n'a su effacer ni entamer. Une déclaration fanatique, fiévreuse, pleine de tendresse et de folie. La voix d'une femme qui se meurt doucement, sans s'apitoyer sur elle-même, tout entière tournée vers celui qu'elle admire plus que tout.

Je vais te livrer cette chronique telle que je l'ai écrite, à chaud, juste après ma lecture. Je t'avoue que je ne sais plus à quel point je spoile. Il se peut que l'on soit au courant de tout ça très vite au début de la lecture, il se peut aussi... que non. Quoi qu'il en soit, je parle de pas mal de détails contenus dans l'histoire, sois en averti(e). Sois averti(e) que cette lecture m'a passablement agacée aussi. Mais commençons.

Lettre d'une inconnue - Stefan Zweig

99% des histoires d'amour - fictives ou réelles - m'ennuient profondément. Parmi elles, 50% me mettent en colère : parce qu'elles sont malsaines, déséquilibrées, non-sincères ou que sais-je d'autre encore. 100% des gens qui me connaissent te diront que je ne suis pas romantique pour un sou. J'ai tendance à pense que je le suis, au contraire, un peu plus que tous les autres. Le 1% d'histoires d'amour qu'il reste, je cèderais sans problème un rein et un poumon pour être le témoin d'une seule seconde de ces précieuses relations. Je pensais que Lettre d'une inconnue appartenait à ces 1% d'histoires que j'allais idolâtrer. Mauvaise pioche. Elle fait finalement partie de celles qui m'ont le plus énervée.
Sur la couverture, on trouvait pourtant des adjectifs prometteurs "maturité", "amour désintéressé", "n'attendant rien en retour", "la voix d'une femme qui se meurt doucement sans s'apitoyer sur elle-même", etc. Quelle vaste plaisanterie.
L'âge où cette femme a été la plus mature a certainement été ses 13 ans. Ensuite, ce ne sont que des enfantillages d'une adulte incapable de se prendre en main. La nature même de sa confession est tout le contraire de désintéressé. C'est la définition même de l'acte de l'égoïsme. Son seul but est de hanter un homme qu'elle n'a su ni marquer, ni conserver de son vivant. Un homme qui n'avait par ailleurs rien demandé. Même si elle répète tout au long de sa lettre ne pas lui faire de reproches, c'est exactement ce qu'elle fait : lui lister tout ce qu'elle a fait et ressenti sans qu'il ne remarque jamais rien. Elle l'oblige à se remémorer tout ça pour le restant de sa vie, alors qu'elle n'a elle-même eu le courage de rien. Je ne sais pas pour toi, mais à mes yeux c'est égoïste et lâche.
Son amour pour l'enfant est sans doute pire que tout. Elle ne le considère qu'à travers le prisme de son père, comme un deuxième "lui" qu'elle peut finalement conserver, garder pour elle toute seule. Priver un enfant de l'un de ses parents, et un parent de son enfant, simplement pour conserver intact l'illusion d'un souvenir fantasmé est une fois de plus égoïste. Et cruel.
Pauvre écrivain anonyme. J'aurais aimé qu'il ne retrouve jamais cette lettre et qu'il ne respecte pas son dernier souhait. Oui je sais, c'est une fiction. Ça n'empêche pas qu'elle m'ait mise hors de moi.

Si tu as lu Lettre d'une inconnue, que tu sois d'accord ou non avec moi, tu es chaleureusement invitée à me donner ton avis ;-).




xoxo
Lily

dimanche 3 septembre 2017

Update lecture : Max, Liesel & Dor à l'appel !


Il me semble cohérent, après mes mois d'absence et compte tenu de la pile de livres lus qui s'est accumulée ces derniers temps sur le coin de mon bureau, de revenir avec un petit update lecture. Histoire, au moins, de vérifier ce que j'en ai retenu.



Max - Sarah Cohen-Scali 

Quatrième de couv' :  « 19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. »
Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn ». Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde des purs représentant de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l'Europe.


Si je me suis penchée sur le cas de Max, c'est parce que je trouvais l'idée de base intéressante. Raconter l'histoire et suivre le destin de ce gamin né sans amour et dont toute la vie a déjà été programmée me semblait prometteur. Ça avait un petit côté Voldemort assez attrayant. Le problème est que j'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire et ce, majoritairement à cause du parti pris pour l'aborder. Le personnage principal est le narrateur et raconte son histoire en s'adressant au lecteur. Sauf qu'il commence avant sa naissance, parle au présent et utilise un vocabulaire d'adulte. Ce qui fait qu'on se retrouve avec un foetus qui nous parle de pureté de race, de guerre et de déportation. Alors je comprends bien le projet (personnifier l'idéologie, montrer qu'elle était inculquée aux individus dès la naissance (voire la conception),...), mais comme la narration manque de réalisme, je trouve que la première partie de l'histoire manque de crédibilité. De fait, et malgré le fait que je plaçais beaucoup d'espoirs littéraires dans le personnage de Max/Konrad, je n'ai pas réussi à lier quelque chose avec ce lui.
MAIS ! Tout n'est pas perdu. Le véritable intérêt de cet histoire pour moi, c'était Lucjan/Lukas. Un jeune ado qui arrive, il me semble, un peu avant la moitié du livre et qui va construire un lien particulier avec Max/Konrad. Le personnage de Lucjan/Lukas est beau, et la relation qu'il noue avec Max/Konrad l'est sans doute encore plus. La deuxième moitié du bouquin vaut donc le coup. Et si j'ai mis beaucoup de temps à rentrer dans l'histoire, j'ai en revanche été beaucoup touchée par sa fin.
Donc si la thématique te branche, j'ai plutôt envie de dire pourquoi pas ?



La Voleuse de livres - Markus Zusak 

Quatrième de couv' : Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, plus rares encore ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la mort s'est arrêtée. Est-ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt ? Ou sa force extraordinaire face aux événements ? À moins que ce ne soit son secret... Celui qui l'a aidée à survivre et a même inspiré à la Mort ce joli surnom : la Voleuse de livres...


Cela faisait une éternité que j'entendais parler de ce bouquin. Pour une mystérieuse raison, j'avais associé son histoire à celle du conte d'Andersen, La petite fille aux allumettes - alors qu'il n'y a pas grand rapport entre les deux (du moins, d'après ce que je me souviens de l'histoire d'Andersen). Toujours est-il que j'en avais de grandes attentes parce que tout le monde en disait beaucoup de bien. Après lecture, je reconnais bien volontiers que c'est une belle histoire... dans laquelle je ne suis pas vraiment rentrée. Le choix du narrateur était original, des personnages comme Max ou Rudy ou même Hans m'ont plutôt plu mais... je ne sais pas. Je n'ai pas réussi à m'intéresser ou à m'impliquer dans l'histoire et j'ai mis beaucoup de temps à terminer La Voleuse de Livres. D'accord il fait plus de 600 pages mais tout de même. Peut-être que c'est à cause de Liesel avec laquelle je n'ai vraiment pas accroché du tout ou que j'ai simplement lu ce livre au mauvais moment mais je n'en garderai pas un souvenir impérissable. Pas mauvais, certes, mais pas impérissable.



Le Passeur du Temps - Mitch Albom 

Quatrième de couv' : Un jour, Dor commença à compter. Les secondes, les minutes, les heures. Il fut le premier à mesurer le temps. Le premier à vouloir l'arrêter aussi... Ce crime lui a valu d'être exilé dans une caverne, condamné à écouter toutes les suppliques de ceux qui vinrent après lui - encore quelques minutes, quelques heures, quelques années... Mais aujourd'hui Dor peut se racheter, en allant à la rencontre d'une jeune femme, prête à mettre fin à ses jours, et d'un riche homme d'affaires malade, désireux, lui, de vivre éternellement. Pour les sauver, pour se sauver, Dor va devoir leur apprendre la vraie valeur du temps.


Le Passeur du Temps est un livre dont j'ai relevé le titre depuis un moment déjà. Principalement, je dois l'avouer, parce que j'aimais beaucoup l'esthétique des horloges présentes sur la couverture. Je l'avais un peu de mis de côté parce que le synopsis ne me tentait finalement pas tant que ça. Et puis, en zonant sur internet, j'ai lu l'avis d'un lecteur qui estimait que Le Passeur de Temps n'était qu'une mauvaise reprise de La Voleuse de Livres. Comme j'avais déjà prévu d'en lire un, je me suis dit que c'était pas une mauvaise idée de faire le second dans la foulée.
D'abord je n'ai pas bien vu le rapport entre les deux bouquins. D'accord le narrateur/fil rouge de l'histoire est une sorte de personnification d'un concept finalement assez abstrait mais en dehors de ça, il n'y avait pas grande pertinence à la comparaison.
Pour le reste, l'histoire est courte et facile à lire. Elle n'est pas mauvaise mais n'apporte pas grand chose non plus. J'ai trouvé le traitement des thématiques assez superficiel. Ce n'est donc à mon sens pas une lecture indispensable.


Et toi, dis-moi si tu as déjà lu ces livres, ce que tu en as pensé ou un peu tout ce qui te passe par la tête et dont tu as envie de me parler ;-).


Lily

dimanche 14 mai 2017

IKIGAMI - Préavis de Mort : des histoires sombres au coeur d'un récit distopique à grand potentiel


IKIGAMI Préavis de Mort - MOTORO MASE

Note : J'ai reçu l'équivalent de 4 volumes (8 épisodes) dans le cadre d'un partenariat avec Kazé. Inutile de dire que mon avis sur la lecture n'est en rien modifié. J'ai, par le passé, eu aucun mal à encenser ou descendre des livres que je n'avais pas achetés non plus.

Et histoire d'être complètement transparente avec toi, je vais te raconter comme j'ai choisi ce titre. J'ai évidemment commencé par ouvrir le catalogue de Kazé avant de cliquer sur toutes les couvertures qui attiraient mon regard. J'ai ensuite écrémé ma sélection en fonction du genre mais surtout du résumé fourni. Celui d'Ikigami - Préavis de Mort de Motorô Mase est celui qui m'a incontestablement le plus interpelé. Si le titre ne te dit rien, petite séance de rattrapage :

« Dans ce pays, une loi entend assurer la prospérité de la nation en rappelant à tous la valeur de la vie. Pour ce faire, un jeune sur mille entre 18 et 24 ans est arbitrairement condamné à mort par une micro-capsule injectée lors de son entrée à l'école. Lorsqu'on reçoit l'ikigami, c'est qu'il ne nous reste plus que 24 heures à vivre. Mais à quoi passer cette dernière journée, lorsqu'on n'a pas eu le temps de faire sa vie ? »

IKIGAMI Préavis de Mort - MOTORO MASE

Je n'avais jamais entendu parler de ce manga auparavant, aussi j'ai été surprise à sa réception de constater le palmarès de prix importants mis en avant sur la couverture. À l'évidence, j'allais découvrir une oeuvre culte dans son genre et à côté de laquelle j'étais passée jusqu'à maintenant. Autant dire que j'étais plutôt ravie. Il ne restait qu'à ne pas être déçue.

Je te fais un suspense bien relou ?

Non ?

...

Pas drôle.

Pas de suspense donc, je n'ai pas été déçue du tout. Les quatre premiers volumes sont à la hauteur de mes attentes, sans les éventuelles craintes que je pouvais avoir. J'ai, bien entendu, d'autres attentes et interrogations pour la suite, mais cela fera sans doute l'objet d'un futur update lecture.

Dans Ikigami, on suit Fujimoto, un fonctionnaire chargé de remettre le préavis de mort aux personnes désignées. Chaque épisode fait l'objet d'une histoire différente, pendant laquelle on suit une personne pendant les 24 heures qui précèdent sa mort.

ALORS ÉVIDEMMENT, C'EST PAS UN MANGA SUPER SUPER DRÔLE. Si tu es sensible, déprimé(e) ou que tu as passé une sale journée, ce n'est peut-être pas la lecture idéale. Mais si comme moi, tu aimes la psychologie des personnages, les recoins (sombres et lumineux) de l'âme humaine et les sociétés bien tordues, tu es pile au bon endroit !

Les petites histoires
Ma principale crainte était de ne pas réussir à m'impliquer dans l'histoire globale de par son format. Puisque chaque épisode peut se lire indépendamment des autres, il n'y a finalement que peu de personnages récurrent en dehors de Fujimoto (qui lui même n'est que peu présent). Si tu me connais, tu sais que je mets un temps infini à m'attacher aux personnages et à entrer en empathie avec eux. Mais à la lecture, mes doutes sur ce point se sont envolés. Un peu à la manière de la série Black Mirror (qui est une de mes séries préférées de tous les temps), chaque histoire est suffisamment bien amenée et racontée pour qu'on se sente rapidement impliqué(e). Tous les épisodes sont globalement bons, même si, suivant la sensibilité du lecteur, on peut être plus touché par l'un ou par l'autre. Pour le moment, je retiens particulièrement "La chanson oubliée" et "Chute libre".
Ma deuxième crainte était que, étant donné le format répétitif, les histoires individuelles finissent par se ressembler. Je n'ai pas eu cette impression jusque là, mais comme il me reste quelques épisodes à essuyer d'ici la fin de l'histoire, je t'en reparlerai aussi certainement prochainement. Dans ce fameux update que tu vas finir par attendre comme le messie (la figure religieuse, pas le footballeur).

IKIGAMI Préavis de Mort - MOTORO MASE

Un contexte plus grand, plus intriguant
Mais, pour te dire la vérité, ce qui m'intéresse dans Ikigami, ce sont moins les histoires individuelles que celle, plus grande, de toile de fond. On pourrait par exemple penser que la loi condamnant arbitrairement 1 jeune sur 1000 est la plus cruelle mais il y a encore bien plus moralement contestable derrière. Il est par exemple interdit d'être opposé à la loi ou de la contester publiquement et la délation entre citoyens est fortement encouragée.
Là où j'en suis, on vient tout juste de commencer à effleurer le contexte historique et politique dans lequel cette loi a été promulguée mais j'ai bon espoir qu'on creusera un peu plus dans ce sens dans les futurs volumes.

Ce qui m'amène à mes questionnements et mes attentes pour la suite :

1/ Je m'interroge beaucoup sur le positionnement de Fujimoto, le personnage central. J'ai cru au début qu'il allait prendre les pédales rapidement et tomber dans un côté très sombre mais il semble mener une réflexion qui semble plus ou moins saine. Quelle que soit la finalité de son cheminement, j'espère qu'il sera bien écrit jusqu'au bout.

2/ Pour le moment, je vois encore quelques lacunes à cette loi. Je m'interroge sur l'éventualité et la vaccination des enfants qui ne sont pas scolarisés ? Pourquoi les familles ne quittent pas le pays ou ne scolarisent-ils pas leurs enfants à l'étranger ? Mais le manga n'étant pas très long, je ne suis pas certaine que toutes les questions auront le temps d'être traitées. Si c'est le cas, big up, ça lui fera gagner masse de points sur l'échelle d'appréciation Lily-enne.

3/ Enfin, je me demande s'il n'y a pas autre chose de caché derrière cette loi de prospérité nationale. J'ai l'impression que la raison du sacrifice arbitraire d'un jeune sur mille est plus sombre que celle de rappeler « la valeur de la vie » comme c'est pour le moment expliqué dans le manga. À ce niveau du manga, toute hypothèse est possible. Il a sans nul doute un facteur géopolitique mais ça m'intéresse de savoir s'il y a plus. Est-ce que c'est aussi sanitaire ? militaire ? expérimental ? Il y a un grand champ de possibles et je suis vraiment curieuse de voir ce que ça va donner.

IKIGAMI Préavis de Mort - MOTORO MASE

À propos du coup de crayon...
Je terminerai sur un dernier mot sur le dessin. Ce n'est pas quelque chose auquel je porte une attention particulière habituellement mais je trouve que le détail qu'a apporté Motorô Mase sur les visages offre une vraie profondeur à l'histoire. Il y a des vrais gros plans, tellement rapprochés qu'ils en deviennent parfois inconfortables, qui permettent de recevoir de façon très brute et très directe l'émotion du personnage, sans se soucier de son apparence ou de sa beauté. Idem pour les doubles pages occasionnelles qui sont souvent très impactantes.

Verdict ?
Je n'abandonne quasi jamais une saga ou une série à cours de route, mais parfois, je continue un peu en trainant les pieds, juste histoire d'avoir le fin mot de l'histoire. Pour le coup, je poursuivrai Ikigami avec plaisir et curiosité. Je ne sais pas quand, vu ma PAL et wishlist longues comme des bras, mais je la poursuivrai. La suite est à double-tranchant, parce que j'ai beaucoup d'attentes et qu'il va donc falloir que les volumes suivants et le dénouement soient à la hauteur. Ne t'en fais, en bien ou en mal, je reviendrai t'en parler ;-).


Maintenant que j'ai fini mon discours interminable dis-moi :
Si tu connaissais Ikigami - Préavis de mort ?
Si tu l'as lu...
... ou si tu as envie de le lire ?


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Lily

dimanche 30 avril 2017

Quel verdict pour « La Passe-Miroir (tome 1) - Les Fiancés de l'Hiver » par Christelle Dabos ?

Et voici la chronique complémentaire de mon dernier update lecture :) Comme elle était un peu trop longue pour le format, j'ai préféré lui consacrer un article à part entière.

Promis, après ça, j'en ai fini avec mes lectures d'hiver ! En même temps j'ai rien prévu de particulier pour les autres saisons donc ce n'est pas SI grave si j'ai un peu débordé ;-).

La Passe-Miroir - Les Fiancés de l'Hiver -Christelle Dabos

La Passe-Miroir (Tome 1), Les Fiancés de l'Hiver - Christelle Dabos ★★★☆☆

J'ai mis un peu de temps à me lancer dans cette lecture. Les avis unanimement positifs de la blogo et de la booktubosphère me faisaient un peu peur et je redoutais l'effet Aristote & Dante. Et puis, parce que je n'ai aucunement l'intention de mourir idiote, je me suis jetée à l'eau. Remarque que, si je ne l'avais pas fait, ce titre ne ferait pas l'objet d'un article, donc je ne t'apprends pas grand chose.

Pour ne pas faire durer un suspense inutile, je n'ai pas trouvé ce premier tome désagréable. J'ai ressenti beaucoup d'imagination et de potentiel vis-à-vis de cet univers auquel j'ai trouvé des similitudes avec la fantaisie et l'absurdité d'un Alice aux Pays des Merveilles ou de L'Écume des Jours de Boris Vian (ou des souvenirs que j'en ai). Ce n'est pas tout à fait ce à quoi je m'attendais, ni mon genre de prédilection mais ma foi, pourquoi pas. Ça a le mérite de ne pas être vraiment courant dans la littérature jeunesse, donc un bon point pour Christelle.

Fiouf, ce que je suis sympa (ça change, je sais). Tu étais là pour des reproches et des réserves ? Ne bouge pas, j'arrive. Il faut bien que je justifie ces deux étoiles ajourées.

Résumé La Passe-Miroir - Les Fiancés de l'Hiver -Christelle Dabos

Dans un premier temps, j'ai trouvé Les Fiancés de l'Hiver assez lent. Il ne se passe pas grand chose pendant un bon trois-quart de bouquin, et ça fait pas mal long. J'ai eu l'impression que l'histoire ne commençait véritablement que lorsque l'action se déroulait chez Archibald et que les choses avançaient enfin. Et pile au moment où ça devient intéressant, paf ! On arrête le tome 1. Autant un bon cliffhanger de série TV ne me dérange pas, autant sur un livre, ça a tendance à me souler.

Dans un deuxième temps, j'ai trouvé ce livre légèrement confus. Dans le monde de Christelle Dabos, il y a peu de points communs avec notre univers et Ophélie, le personnage principal, est elle déjà très familière avec ce qui l'entoure. Même si elle ne connaît pas du tout l'arche du Pôle, elle l'appréhende avec une grille de compréhension qui n'est pas celle du lecteur. L'effet du personnage-miroir n'est donc pas optimal. Les différents clans, les esprits de famille, les dons familiaux, les talents personnels et tout le reste : la richesse de l'univers fait qu'il est assez difficile à assimiler. Du moins pour moi. À ma connaissance, personne d'autre ne s'en est plaint.

Et en parlant de talents, j'ai regretté que ceux d'Ophélie soit finalement si peu exploités dans ce premier tome. La capacité à se déplacer à travers les miroirs m'a plus donné l'impression d'être un outil d'auteur (destiné à faire avancer ou résoudre les intrigues) plutôt qu'une réelle plus-value pour l'histoire ou le personnage. Quant à ses dons de lectrice, elle ne s'en sert quasiment jamais. Ce n'est pas autorisé, il ne faut pas le faire à tout bout de champ pour ne pas altérer l'histoire des objets, blablabla et que sais-je d'autre. J'espère que les deux "pouvoirs" ont davantage d'utilité et de raisons d'être dans les tomes suivants. Autrement, ce serait un peu du gâchis.

Sans surprise, Ophélie n'a pas éveillé le moindre intérêt en moi. Comme je le disais dans ma réflexion sur cet archétype de personnage féminine jeune, maladroite et grande lectrice, je la trouve finalement assez similaire à toutes ses petites camarades de la littérature jeunesse.
Thorn, sans surprise non plus, m'a un tout petit peu plus intéressée, même s'il n'est pas exempt de défauts et de clichés. Il n'est pas facile à décrypter mais ses talents ont beaucoup de potentiel. Je suis curieuse de découvrir la manière dont l'auteure va l'exploiter et le développer dans les tomes suivants. J'espère ne pas être déçue, parce que je mise beaucoup sur lui !

Dernier détail qui m'a un peu gênée, c'est la répétition dans la description des personnages. Chacun possède un nombre réduit de caractéristiques physiques souvent répétées. À titre d'exemple, voici ce qui est écrit page 134, au sujet de la tante Roseline :

« À la lumière de la lanterne, son teint paraissait plus jaune encore qu'à l'accoutumée. »

et ce qui est écrit seulement 43 pages plus loin, toujours au sujet de la tante Roseline :

« La lumière de la lampe rendait son teint plus jaune qu'il ne l'était déjà au naturel. »

TU L'AS DÉJÀ DIT.
De mémoire, il y a les mêmes redondances avec la taille de Thorn et la beauté de Berenilde. J'ai trouvé ça un peu lourd. Qu'il y ait des rappels à chaque début de tome, je comprends, mais à priori je n'ai pas eu le temps d'oublier que Thorn était immense en 40 pages. Cela me surprend un peu de la part d'une maison de la qualité de Gallimard.

Comme souvent, j'ai passé beaucoup plus de temps sur le négatif que sur le positif, mais comme d'habitude, je l'écris tel que je le pense. Je ne regrette pas du tout de m'être lancée dans la saga et je suis convaincue que c'est un premier tome de qualité pour le genre. Pas tout à fait au niveau d'un Harry Potter ou d'un À la Croisée des Mondes (que je garde toujours en référence) mais tout de même très au dessus de la moyenne. J'aurais aimé lui accorder un 4/5 mais les longueurs ont un peu plombé mon appréciation. Disons que pour ce premier tome, ce serait plutôt un 3,5.

Je sais que vous êtes beaucoup à avoir aimé le livre, alors si tu fais partie de ses fans, n'hésite pas à me dire ce que tu en as pensé, les points sur lesquels on est en accord ou en désaccord. Et à m'encourager pour la lecture du tome 2 ;-).


Lily

dimanche 12 février 2017

BILAN de ma PAL d'hiver ❄ #1

Pardon, ça fait un peu 100 ans que j'ai disparu. J'avais prévu de revenir dans le courant du mois de janvier après ma pause annuelle, et je n'ai... absolument pas eu le temps.

En vérité, je n'ai eu que peu de temps, que je n'ai pas eu le courage de consacrer au blogging. J'ai bien pré-écrit quelques trucs, mais il me manquait surtout des photos, et sans lumière naturelle c'est assez compliqué (et moche).

Mais je suis là maintenant ! Enfin, j'espère que je suis là... (on y croit !)

Je commence donc cette année de blogging comme il faut avec un petit bilan de mes premières lectures de ma PAL d'hiver. À priori pas de grandes découvertes mais pas de grosses déceptions non plus. Je me suis énervée contre (presque) personne, donc c'est déjà un bon départ !

Débrief ;-)

La nuit des temps - Barjavel

La Nuit des Temps - René Barjavel - 

J'ai débuté cette PAL d'hiver par la relecture d'un livre, qui, en principe, plait énormément. À ma première lecture, on m'avait surtout vendu l'histoire d'amour et celle-ci ne m'avait pas emballée outre mesure. À ma deuxième lecture, je ne me souvenais que vaguement des grandes lignes de l'histoire, j'ai donc décidé de l'aborder avec moins d'attentes.

Verdict, ça a un peu mieux fonctionné sur moi. Je me suis surtout intéressée à l'aspect scientifique et philosophique de l'histoire qui, à mon sens, est beaucoup plus pertinente que son histoire d'amour.
Barjavel utilise l'excuse d'une expédition scientifique qui-ne-vend-pas-beaucoup-de-rêve en Antarctique et l'occasion d'une découverte inattendue pour questionner nos certitudes sur l'humanité, sa chronologie et ce qu'on en fait. Le format roman/divertissement n'empêche pas l'auteur d'y glisser un regard sur le monde scientifique, la sphère philosophique et le rencontre des deux.

En bref, c'était une histoire assez sympa, un soupçon intéressante et qui se lit rapidement et sans effort. La Nuit des Temps ne me laissera pas un souvenir impérissable, mais si le bouquin est déjà dans votre PAL, profitez d'un hiver pour l'en sortir ;-).

Synopsis : Dans l'immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace...
Que vont découvrir les savants et les techniciens venus du monde entier qui creusent la glace à la rencontre du mystère ? 
La Nuit des temps, c'est à la fois un reportage, une épopée mêlant présent et futur, et un grand chant d'amour passionné. Traversant le drame universel comme un trait de feu, le destin d'Elea et Païkan les emmène vers le grand mythe des amants légendaires.


Au coeur du silence - Graham Joyce

Au Coeur du Silence - Graham Joyce - 

Note avant de commencer : on se parle de cette couverture ? Ils avaient oublié les E dans le titre ou comment ça se passe ?

C'est le dernier livre que j'ai reçu dans le cadre de mon abonnement à Livre(s)-Moi. J'avais prévu de faire un débrief sur ce que je pensais des livres choisis et de l'ensemble de l'expérience mais la boîte a malheureusement fermé entre temps. Après Ce qui a dévoré nos coeurs et La Joie, que j'avais globalement beaucoup aimé, j'ai été un tout petit peu moins emballée par Au Coeur du Silence.

Je suis, de nature, pas très enthousiasme à tout ce qui ressemble à de la romance. Quand elle est intégrée à un autre genre, pourquoi pas, mais quand c'est le coeur du propos, bof. Mais celle-ci avait l'air d'être un petit huis-clos, recelait une sorte de mystère alors je me suis dit qu'il y avait matière à faire quelque chose d'un peu plus intéressant qu'une bête histoire d'amour.

Enfermer ce couple dans ce village désert et entouré de neige était une bonne idée dont le potentiel n'a pas été complètement exploité. J'attendais un peu plus de psychologie, plus de sentiments oppressants. L'histoire se traine ensuite un peu en longueur et le dénouement n'est pas plus original qu'imprévisible. Pour un lecteur attentif, les indices sont même identifiable dès la moitié du bouquin.

En bref, ce n'était pas une lecture horrible mais Au Coeur du Silence est également loin d'être une lecture fantastique. La morale derrière le fin mot de l'histoire n'est pas idiote mais elle ne suffit pas pour que je vous recommande particulièrement cette lecture.

Synopsis : Zoe et Jake passent des vacances d'hiver idylliques dans les Pyrénées, amoureux comme au premier jour. Mais ils sont pris dans une avalanche et n'en réchappent que miraculeusement. À leur retour, ils trouvent le village et leur hôtel déserts, sans âme qui vive. Sans doute la zone a-t-elle été évacuée : passé l'euphorie de s'en être miraculeusement sortis, vient, pour eux, la peur de subir une nouvelle avalanche. Le couple tente donc de fuir coûte que coûte. Mais la neige et le brouillard, entre autre, en ont décidé autrement. Bloqués, Zoe et Jake vont devoir rester dans ce village vidé de ses habitants, seuls au coeur du silence.


Indian Creek - Pete Fromm

Indian Creek - Pete Fromm - 

Il me semble que j'avais repéré ce bouquin dans un haul de booktubeuse. Je l'avais noté sans trop me poser des questions, en me disant que ce serait une lecture adaptée pour un hiver. Si j'avais cherché plus loin, peut-être que je me serais pas lancée.

Indian Creek n'est pas tellement ce à quoi je m'attendais. En gros, je m'attendais à des descriptions à couper le souffle accompagnées de réflexions psychologiques et philosophiques profondes sur la place de l'être humain dans l'univers, la solitude et le cycle de la vie des petits zosieaux. Quelque chose dans ce goût-là.
À la place, j'ai eu le récit d'un mec qui se faisait chier et trompait l'ennui en dépeçant des animaux. Je dois dire que ça m'a quelque peu saoulée, voire carrément dégoutée (et pourtant, je suis loin d'être vegan. Même pas végétarienne).

J'ai passé les trois quart du bouquin à m'ennuyer comme un rat mort en me demandant ce qu'il se passait dans la tête des américains (ou de celui-là, du moins). Il faut attendre le dernier quart du livre (et oublier la postface, qui n'a aucun intérêt) pour que l'auteur donne enfin l'impression d'apprécier et de respecter ce qui l'entoure. Je n'ai pas du tout accroché à la personnalité de Fromm et l'ensemble des personnes apparaissant dans le récit n'a provoqué chez moi que de l'antipathie. La seule que j'aimais bien, c'est Boone (c'est le chien).

Sur la quatrième de couverture de mon édition, le commentaire d'une certaine Christine Ferniot de "LIRE" précise que c'est "une oeuvre d'apprentissage d'une drôlerie irrésistible". Alors je veux bien qu'on ait tous des sens de l'humour différents, mais à mon sens ce n'était pas vraiment très drôle. Même pas souriant. Et je pense que je l'ai déjà dit ici, mais je ne suis pas très fan des arnaques à la quatrième.

C'était ma première lecture de nature writing et, ma foi, pour le moment je ne suis pas convaincue. Il y a d'autres que je veux tenter donc je verrai bien mais Indian Creek ne fera pas partie de mes recommandations pour le genre.

Synopsis : Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j'avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer.
- Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m'expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t'en consituer une réserve avant que la neige n'immobilise ton camion.
Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important, je me lançai :
-Heu... C'est quoi, une corde à bois ?
Ainsi début le long hiver que l'auteur s'apprête à vivre seul au coeur des montagnes Rocheuses, et dont il nous livre ici un témoignage drôle (LOL) et sincère, véritable hymne aux grands espaces sauvages. Captivant récit d'aventures et d'apprentissage, ce classique contemporain a étable Pete Fromm comme une des grandes voix de l'Ouest américain.




xoxo
Lily

dimanche 6 novembre 2016

Harry Potter et L'Enfant Maudit - Analyses, Avis et Verdict ! ⚡️

Je vous avoue que je ne suis pas des plus rassurées à l'idée de commencer cet article. Je vais tenter d'aborder tous les points prévus sans être complètement confuse, ce qui ne me semble pas une mince affaire.

Harry Potter et L'Enfant Maudit

J'ai attendu la sortie française de L'Enfant Maudit pour me lancer dans sa lecture pour les raisons que j'évoquais dans l'article sur ma PAL d'automne-hiver. Je ne regrette pas une seconde parce que, même si je pense que j'aurais finalement pu me débrouiller avec les termes magiques en langue originale, j'ai au moins eu le temps de me préparer mentalement. Parce que je ne m'attendais pas du tout à ça !

Débrief d'une lecture surprenante qui n'a pas manqué d'intérêt.

! SPOILERS ALERT !

Fanfiction & Mensonge en Quatrième de Couverture
La chose qu'on a le plus entendue à propos de L'Enfant Maudit, c'est que l'histoire tenait plus de la fanfiction que de la véritable suite. Je ne suis ni d'accord ni pas d'accord, principalement parce que je ne suis pas la plus grande experte en fan-fiction Harry Potter sur le marché. Les seules que j'ai lues remontent à pas mal d'années, quand, n'en pouvant plus d'attendre L'Ordre du Phoenix, je gérais ma frustration comme je pouvais. Mais les nombreuses références à l'oeuvre originale, le côté sequel et la possible renaissance du fantasme Dramione à travers leurs enfants ont par exemple beaucoup fait penser aux codes de la fanfiction plutôt qu'à une oeuvre originale.
J'ai plutôt tendance à penser que Scorpius et Rose rappelle davantage Severus et Lily que Drago et Hermione mais bon... Pour moi, l'effet fanfiction est surtout dû à la forme théâtrale du texte qu'à son fond (dans le sens où ce n'est pas le premier type de narration de la saga et qu'il est courant de trouver des fanfictions sous forme de poème, ou de Songfic par exemple), mais je reviendrai sur le côté pièce de théâtre plus tard.

Harry Potter et L'Enfant Maudit résumé synopsis

Le problème n'est pas répondre à la question fanfiction ou non mais de parler du mensonge de la quatrième de couverture. Je crois que "LA huitième histoire" c'était un peu sur-vendre le cas. Sans compter que les trois quarts des médias (dont 99% ne connaissent pas grand chose à Harry Potter et n'avaient probablement lu le livre avant d'en parler) s'en sont donnés à coeur joie pour envoyer du "Retour du petit sorcier" et de "La magie continue", etc. Bref, tout pour nous faire croire que L'Enfant Maudit serait tout comme les sept tomes qui l'ont précédé. Sauf que.. Pas tellement. Il aurait sans doute été plus juste d'inscrire "UNE huitième histoire". Dans le sens où c'est une possibilité de ce que les années suivantes auraient pu être, de ce qui aurait pu se passer. Du genre que si on veut prendre le "Dix-neuf ans plus tard" de cette façon, on peut. Et si on veut s'imaginer autre chose, on peut aussi. Rien n'est gravé le marbre. Cette idée est pour moi renforcée et vérifiée par la thématique du Retourneur de Temps. Au sein même de L'Enfant Maudit, on a un aperçu de trois versions de ce qu'aurait pu être ce "dix-neuf ans plus tard" : celle qui est effectivement développée, celle dans laquelle Albus est un Gryffondor et Hermione professeur et celle dans laquelle Voldemort a triomphé.
Pour moi le but de L'Enfant Maudit n'est pas de dire "voici la suite de Harry Potter" mais de faire comprendre que grâce à la magie (du Retourneur de Temps), il y a une infinité de suites et d'issues possibles à la saga Harry Potter.


La pièce du théâtre était-elle une erreur ?
On ne va pas se mentir, L'Enfant Maudit possède son lot de défauts. Parmi le large éventail d'avis qu'il a reçus, tous plus différents les uns que les autres, on s'est bien rendu compte qu'il y avait eu quelques ratés.
La première chose que je remarque, c'est qu'il y a plus d'opinions négatives chez ceux qui ont lu la retranscription que chez ceux qui ont effectivement assisté à la pièce. Il est sans doute utile de rappeler qu'une pièce de théâtre doit être vue et non lue pour être pleinement appréciée. Je suis d'ailleurs persuadée que la pièce en elle-même est une vraie réussite du point de vue de la mise en scène et des effets spéciaux. Ceci étant dit, je ne crois pas qu'écrire une suite à Harry Potter sous la forme d'une pièce était un choix judicieux. C'était sans doute un challenge intéressant, un défi excitant pour ses auteurs mais certainement pas le meilleur moyen pour recréer l'univers d'Harry Potter. Cette forme qui, à l'écrit d'autant plus, met en valeur le dialogue, fait apparaître de grands absents dans L'Enfant Maudit. Ce qui m'a manqué dans cette lecture finalement, c'est tout ce qui fait qu'Harry Potter est devenu l'une de mes maisons : les lieux emblématiques, Poudlard, la Grande Salles, les salles communes, le Chemin de Traverse, le Pré-au-Lard, etc. Vous allez me dire, ils n'y étaient pas non plus dans Les Reliques de la mort, mais il y avait tout de même toute une ambiance, de feuilles mortes, de forêts, de neige, de feu de bois et de nature qui donne aux histoires un écrin incomparable. Cette lacune a, à mon sens, retiré un peu plus de magie à un scénario qui en manquait déjà cruellement.
En dehors de quelques voyages dans le temps (par ailleurs plus métaphysiques que magiques) et de quelques sorts anecdotiques, j'ai eu l'impression que L'Enfant Maudit était finalement assez pauvre en magie. Ce n'était sans doute qu'une question de moyens (techniques et financiers) par rapport à la mise en scène mais cela m'a manqué aussi. Avec Harry Potter, j'ai toujours eu l'habitude de m'émerveiller à chaque ligne, de m'exclamer "J'adore la magie" à chaque fois que je tourne une page et là... Je n'ai pas retrouvé ce sentiment.
Je crois que la même histoire racontée d'une autre façon, en roman par exemple, aurait donné un résultat très différent.


Pourquoi je suis tout de même contente que L'Enfant Maudit existe
Je ne sais pas si je suis la seule à avoir eu cette impression, mais je crois que J.K. Rowling avait envie de donner un peu de paix à ses personnages. Curieuse façon de le faire, je suis bien d'accord, mais je n'arrive pas à me défaire de cette idée. Qu'elle ait consacré l'histoire à la relation père-fils entre Harry et Albus signifiait au moins qu'Harry avait désormais une vraie famille. Après tout ce qu'elle a subi en tant que née-moldue, Hermione est finalement pleinement acceptée du monde de la magie en tant que Ministre. Drago est enfin libre d'agir comme il l'entend et de faire le bien pour le monde dans lequel vivra son fils.
Si ma théorie s'avérait exacte, ce serait sans doute un acte égoïste de la part de Rowling mais j'estimerais aussi qu'elle l'aurait bien mérité. Quand on a passé autant de temps avec des personnages et qu'on a traversé ce qu'elle a dû traverser en les écrivant et en leur donnant vie, on mérite bien un peu de paix.

La seconde raison pour laquelle je suis bien contente de l'existence de L'Enfant Maudit, c'est qu'il confirme ma démonstration au sujet d'Harry Potter et La Coupe de Feu. Après ma relecture du quatrième tome, je m'étais rendue compte que La Coupe de Feu était un tournant dans la saga et pas seulement du point de vue du retour de Voldemort. Comme c'était très long, je ne vais pas tout répéter ici mais si ça vous intéresse, je vous renvoie vers l'article en question. En choisissant de remonter le temps vers l'année de La Coupe Feu, on nous montre bien que le tome a été charnière dans la suite et le déroulé des événements. Le point n'a en tout cas aucun intérêt pour la qualité de l'histoire de L'Enfant Maudit mais je suis ravie qu'il apporte un argument de plus à ma démonstration.

La dernière raison rejoint un peu la première et s'appelle Severus Rogue (ou Snape, comme vous voulez). L'une de mes plus grandes frustrations à l'issue de la saga était que Severus ne sache finalement jamais que le petit fils de Lily Evans porte son prénom. Je sais, ça fait partie de sa destinée tragique mais j'ai une telle tendresse pour ce personnage que ça me brisait le coeur. Avec L'Enfant Maudit, je suis heureuse de savoir qu'il y a au moins une version de Severus qui a su. Je me dis que dans la mort, toutes les versions du personnages ont dû recevoir l'information par réalité interposée. Un truc comme ça. Bref, mon petit coeur a été un peu réparé.

« Si à Albus... Dis à Albus Severus... que je suis fier qu'il porte mon prénom. Maintenant, vas-y. Allez ! »

C'est niais au possible mais je suis contente. Merci L'Enfant Maudit.

Harry Potter et L'Enfant Maudit
Je trouve les intérieurs de couverture très réussis :)

Les WTF de L'Enfant Maudit
D'accord, d'accord, je l'admets ils sont nombreux. Outre le fait que Ron se retrouve affublé du QI d'un troll des montagnes (pour les besoins comiques du théâtre, je suppose) ou la sorcière aux bonbons qui se révèle être un humanoïde extrêmement flippant, il y a quelque chose que je n'ai toujours pas compris. C'est qui, L'Enfant Maudit ? Delphi ? Pour quelle raison ? D'accord elle est la fille de Voldemort et il y a une vague prophétie sur le retour de son père mais elle était obligée de rien. Elle n'est même pas mentionné par la prophétie. Elle aurait pu simplement choisir d'être du bon côté et oublier ses parents. Pour moi, elle n'est pas plus maudite qu'Harry était l'Élu, elle est simplement seule et/ou mauvaise.

L'autre WTF, c'est aussi qu'effectivement Voldemort ait eu un enfant. Je ne suis pas encore d'accord avec moi-même. Comme tout le monde, dans un premier temps j'ai trouvé ça très curieux et un peu n'importe quoi. Parce qu'on n'a pas plus envie d'imaginer la sexualité de Donald Trump que celle de Voldemort. Voldy c'est le grand méchant, celui de notre enfance de surcroît, c'est pas un personnage avec une vie sexuelle. En même temps... Je trouve que ce n'est pas si aberrant quand on sait que c'est avec Bellatrix. Comme je l'évoquais dans un tag précédent, je crois que Bellatrix aime vraiment Voldemort, à sa manière tordue, perverse et maléfique. C'est en ça que je trouve son personnage plus intéressant que ne le pense la plupart des gens. Évidemment il ne faut pas imaginer que Delphi soit un enfant de l'amour née d'une relation complice. Je la vois comme le résultat d'une relation sexuelle violente, à mi-chemin entre le viol et le masochisme, probablement amorcée par une puissante colère ou une jouissance de Voldemort. J'imagine que Bellatrix, se découvrant enceinte, s'est projetée en tant que reine de l'empire que Voldemort s'apprêtait à ériger et mère de l'enfant du Seigneur des Ténèbres. En ça, je ne trouve pas l'existence de Delphi très aberrante.
Même si, très honnêtement, je m'attendais à lire une histoire sur l'enfant maudit : Albus Severus. L'héritage de son père, saint parmi les saints, et de son double prénom aux lourds passifs me semblait un héritage suffisamment intéressant pour en faire un enfant maudit, d'une façon ou une autre. Quand ils ont commencé à parler de l'enfant de Voldemort, je pensais réellement que c'était lui. Genre qu'une trace de l'horcruxe avait subsisté en Harry ou que Ginny (à la place de la mère de Scorpius) avait été ramenée dans le passé et mise enceinte ou je ne sais quoi, mais je voulais vraiment que ce soit Al. Je crois d'ailleurs toujours qu'il est le véritable enfant maudit de l'histoire, même s'il n'a aucun lien avec Voldemort.

Moins significativement, il y a pas mal d'autres passages un peu étranges ou incohérents, comme lorsqu'on apprend que Pétunia a gardé et légué à Harry la couverture dans laquelle il est arrivé à Privet Drive (lol ?) ou que Drago a trouvé le golden trio "resplendissant" (à quel moment ?). Quand ce n'est pas le style qui semble complètement artificiel.

« Serpentard, c'est la maison du serpent, celle des forces du Mal... Ce n'est pas une maison pour sorciers courageux. »

Quel âge il a ? 5 ans ?

« Merci d'être ma lumière dans l'obscurité. »

Au secours, sortez les violons.


Bon alors, VERDICT ?!? (presque sans spoilers)
Ce n'est clairement pas un tome que j'intégrerais à mes futures relectures Harry Potter. J'irais toujours de L'Ecole des Sorciers aux Reliques de la Mort, comme d'habitude. Ce n'est pas pour autant que je ne relirai pas L'Enfant Maudit dans un autre cadre. Même si je me suis souvent demandée ce que j'étais en train de lire et que je pense avoir repéré un ou deux trips à l'acide, je n'ai pas vraiment envie de crier au scandale ou à l'arnaque. C'était surprenant et, notamment en ça, intéressant à décortiquer (je pense que vu la longueur de cet article, ça s'est vu).
Pour les puristes qui tiennent à préserver la saga telle quelle, ce n'est vraiment pas une lecture indispensable mais pour celles et ceux qui n'ont pas peur des hypothèses et des coins sombres à explorer, j'ai bien envie de dire pourquoi pas ! Si vous avez l'occasion de voir la pièce plutôt que la lire, je pense que ça doit valoir le coup.
Dernière chose : Scorpius, oublie Rose (et Albus) et épouse-moi.


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xoxo
Lily