Affichage des articles dont le libellé est Gallimard Jeunesse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gallimard Jeunesse. Afficher tous les articles

dimanche 30 avril 2017

Quel verdict pour « La Passe-Miroir (tome 1) - Les Fiancés de l'Hiver » par Christelle Dabos ?

Et voici la chronique complémentaire de mon dernier update lecture :) Comme elle était un peu trop longue pour le format, j'ai préféré lui consacrer un article à part entière.

Promis, après ça, j'en ai fini avec mes lectures d'hiver ! En même temps j'ai rien prévu de particulier pour les autres saisons donc ce n'est pas SI grave si j'ai un peu débordé ;-).

La Passe-Miroir - Les Fiancés de l'Hiver -Christelle Dabos

La Passe-Miroir (Tome 1), Les Fiancés de l'Hiver - Christelle Dabos ★★★☆☆

J'ai mis un peu de temps à me lancer dans cette lecture. Les avis unanimement positifs de la blogo et de la booktubosphère me faisaient un peu peur et je redoutais l'effet Aristote & Dante. Et puis, parce que je n'ai aucunement l'intention de mourir idiote, je me suis jetée à l'eau. Remarque que, si je ne l'avais pas fait, ce titre ne ferait pas l'objet d'un article, donc je ne t'apprends pas grand chose.

Pour ne pas faire durer un suspense inutile, je n'ai pas trouvé ce premier tome désagréable. J'ai ressenti beaucoup d'imagination et de potentiel vis-à-vis de cet univers auquel j'ai trouvé des similitudes avec la fantaisie et l'absurdité d'un Alice aux Pays des Merveilles ou de L'Écume des Jours de Boris Vian (ou des souvenirs que j'en ai). Ce n'est pas tout à fait ce à quoi je m'attendais, ni mon genre de prédilection mais ma foi, pourquoi pas. Ça a le mérite de ne pas être vraiment courant dans la littérature jeunesse, donc un bon point pour Christelle.

Fiouf, ce que je suis sympa (ça change, je sais). Tu étais là pour des reproches et des réserves ? Ne bouge pas, j'arrive. Il faut bien que je justifie ces deux étoiles ajourées.

Résumé La Passe-Miroir - Les Fiancés de l'Hiver -Christelle Dabos

Dans un premier temps, j'ai trouvé Les Fiancés de l'Hiver assez lent. Il ne se passe pas grand chose pendant un bon trois-quart de bouquin, et ça fait pas mal long. J'ai eu l'impression que l'histoire ne commençait véritablement que lorsque l'action se déroulait chez Archibald et que les choses avançaient enfin. Et pile au moment où ça devient intéressant, paf ! On arrête le tome 1. Autant un bon cliffhanger de série TV ne me dérange pas, autant sur un livre, ça a tendance à me souler.

Dans un deuxième temps, j'ai trouvé ce livre légèrement confus. Dans le monde de Christelle Dabos, il y a peu de points communs avec notre univers et Ophélie, le personnage principal, est elle déjà très familière avec ce qui l'entoure. Même si elle ne connaît pas du tout l'arche du Pôle, elle l'appréhende avec une grille de compréhension qui n'est pas celle du lecteur. L'effet du personnage-miroir n'est donc pas optimal. Les différents clans, les esprits de famille, les dons familiaux, les talents personnels et tout le reste : la richesse de l'univers fait qu'il est assez difficile à assimiler. Du moins pour moi. À ma connaissance, personne d'autre ne s'en est plaint.

Et en parlant de talents, j'ai regretté que ceux d'Ophélie soit finalement si peu exploités dans ce premier tome. La capacité à se déplacer à travers les miroirs m'a plus donné l'impression d'être un outil d'auteur (destiné à faire avancer ou résoudre les intrigues) plutôt qu'une réelle plus-value pour l'histoire ou le personnage. Quant à ses dons de lectrice, elle ne s'en sert quasiment jamais. Ce n'est pas autorisé, il ne faut pas le faire à tout bout de champ pour ne pas altérer l'histoire des objets, blablabla et que sais-je d'autre. J'espère que les deux "pouvoirs" ont davantage d'utilité et de raisons d'être dans les tomes suivants. Autrement, ce serait un peu du gâchis.

Sans surprise, Ophélie n'a pas éveillé le moindre intérêt en moi. Comme je le disais dans ma réflexion sur cet archétype de personnage féminine jeune, maladroite et grande lectrice, je la trouve finalement assez similaire à toutes ses petites camarades de la littérature jeunesse.
Thorn, sans surprise non plus, m'a un tout petit peu plus intéressée, même s'il n'est pas exempt de défauts et de clichés. Il n'est pas facile à décrypter mais ses talents ont beaucoup de potentiel. Je suis curieuse de découvrir la manière dont l'auteure va l'exploiter et le développer dans les tomes suivants. J'espère ne pas être déçue, parce que je mise beaucoup sur lui !

Dernier détail qui m'a un peu gênée, c'est la répétition dans la description des personnages. Chacun possède un nombre réduit de caractéristiques physiques souvent répétées. À titre d'exemple, voici ce qui est écrit page 134, au sujet de la tante Roseline :

« À la lumière de la lanterne, son teint paraissait plus jaune encore qu'à l'accoutumée. »

et ce qui est écrit seulement 43 pages plus loin, toujours au sujet de la tante Roseline :

« La lumière de la lampe rendait son teint plus jaune qu'il ne l'était déjà au naturel. »

TU L'AS DÉJÀ DIT.
De mémoire, il y a les mêmes redondances avec la taille de Thorn et la beauté de Berenilde. J'ai trouvé ça un peu lourd. Qu'il y ait des rappels à chaque début de tome, je comprends, mais à priori je n'ai pas eu le temps d'oublier que Thorn était immense en 40 pages. Cela me surprend un peu de la part d'une maison de la qualité de Gallimard.

Comme souvent, j'ai passé beaucoup plus de temps sur le négatif que sur le positif, mais comme d'habitude, je l'écris tel que je le pense. Je ne regrette pas du tout de m'être lancée dans la saga et je suis convaincue que c'est un premier tome de qualité pour le genre. Pas tout à fait au niveau d'un Harry Potter ou d'un À la Croisée des Mondes (que je garde toujours en référence) mais tout de même très au dessus de la moyenne. J'aurais aimé lui accorder un 4/5 mais les longueurs ont un peu plombé mon appréciation. Disons que pour ce premier tome, ce serait plutôt un 3,5.

Je sais que vous êtes beaucoup à avoir aimé le livre, alors si tu fais partie de ses fans, n'hésite pas à me dire ce que tu en as pensé, les points sur lesquels on est en accord ou en désaccord. Et à m'encourager pour la lecture du tome 2 ;-).


Lily

dimanche 4 septembre 2016

5 choses que j'ai apprises dans les romans pour ados

Je suis actuellement en train de relire la série Quatre filles et un jean. J'avais commencé à lire les premiers tomes à leur sortie au début des années 2000 et puis j'avais sûrement dû predre l'intérêt en grandissant. Tout récemment, je me suis aperçu qu'ils en avaient fait des films (en 2005 et 2008) donc je me suis dit que c'était l'occasion de relire (et de terminer) la série avant de jeter un oeil à leurs adaptations.

romans ados jeunesse
4ème de couv' (avec beaucoup de points de suspension...) : Ma première s'appelle Carmen. Elle est brune et trouve ses fesses un peu grosses. Très attachée aux gens qu'elle aime, elle se montre parfois d'une franchise désarmante. Elle a aussi un énorme problème avec son père...
Ma deuxième s'appelle Tibby. Elle ne fait pas son âge, ne s'habille pas très fille. Et si elle joue les rebelles, c'est pour mieux masquer sa grande sensibilité. Une rencontre inattendue va bouleverser sa vie...
Ma troisième s'appelle Bridget. Elle est blonde sexy, volontaire mais au fond si vulnérable. Quand elle veut quelque chose, elle l'obtient. Surtout s'il s'agit d'un garçon. Au risque d'aller trop loin...
Ma quatrième s'appelle Lena. Elle est brune, superbe. Timide et farouche, elle refuse souvent d'écouter ce que lui dit son coeur. Mais le soleil de Grèce va réveiller en elle des sentiments inconnus...
Mon cinquième est un jean. Symbole de leur amitié, il va passer de fille en fille. Il les accompagnera le temps d'un été, un été qui changera leurs vies pour toujours.
Mon tout est un roman drôle, sensible, intelligent où se mêlent subtilement les voix de quatre adolescentes qui rient, souffrent parfois, grandissent et nous séduisent...

De cette lecture, je n'ai pas tiré une critique, bien que ce soit des histoires d'une qualité tout à fait décente dans leur genre (pour les trois premiers tomes du moins).
Aujourd'hui, comme le précise le titre, je partage les petites leçons qu'on peut tirer des différents tomes de Quatre filles et un jean mais aussi globalement de tous les romans que je lisais quand j'étais ado (disons grossièrement dans les années 2000). Peut-être qu'ils ont changé depuis mais je suis beaucoup moins au fait.
À chacun de le prendre comme il le veut, au premier degré, au centième ou avec un gros fat LOL à la fin de chaque item.

N°1. La sportive populaire est toujours blonde. À part quand elle veut s'enlaidir et se teint les cheveux dans une couleur horrible - genre du châtain ou du brun - en général parce qu'elle a des problèmes avec un garçon.

N°2. Il y a toujours une mère célibataire. La plupart du temps, elle a eu un premier enfant (une fille) assez jeune, a divorcé rapidement et se recase maintenant que sa fille est ado. Elle se marie une deuxième fois à l'approche de la quarantaine et se retrouve enceinte (d'un petit garçon). Faire attention au père de l'ado, il cache toujours un secret à sa fille.

N°3. It's all about boys. Sans petit copain, la fille est forcément moins heureuse. CDFD, sans démonstration.

N°4. Le sexe c'est mal. Pratiqué en dehors d'une relation amoureuse sincère et sérieuse, il ne vous attirera que des ennuis. En vrai c'est plutôt l'inverse. Update : même pratiqué au sein d'une relation amoureuse sincère et sérieuse, c'est mal. Attendez donc le mariage, bande de débauché(e)s.

N°5. Le beau gosse est forcément un crétin. Surtout celui sur lequel vous fantasmez. Reportez-vous plutôt sur le looser chien fidèle pas sexy qui, lui, vous porte un amour sincère (cf. le point N°4).


Si vous avez tiré d'autres enseignements de vos lectures de livres pour ados, partagez-les avec moi ;-) !



xoxo
Lily

dimanche 18 octobre 2015

Vous ne le savez peut-être pas mais un tome de Harry Potter ne parle pas de Harry Potter.

Harry Potter collection TPMBouquins

Potter Journal TPMBouquins

Pour la première fois dans une de mes relectures de la saga, l'un des tomes m'a semblé un peu long. Au bout de la 250ème relecture, l'exploit étant que ce ne soit pas arrivé plus tôt.
D'abord parce que L'Ordre du Phoenix (puisqu'il s'agit de lui) est effectivement et physiquement très long. Il faut tout de même le vouloir pour dépasser les 900 pages en grand format. Ensuite parce qu'il est très dense, riche en informations. Quand tu ne connais pas lesdites informations, c'est top, quand tu pourrais les réciter les yeux fermés c'est une autre épreuve. Enfin, parce que L'Ordre du Phoenix est entièrement à propos du personnage de Harry (et ça, c'est très, très long).
Le Prince de Sang-Mêlé est très différent. Plus court, plus psychologique et subtile, le sentiment qu'il laisse est tout à fait autre. Sans compter qu'Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé n'est absolument pas à propos de Harry. C'est parce qu'ils sont si opposés que j'ai décidé de les réunir et de les confronter, ensembles, dans ce présent article.

Ça y est, je vous ai perdu?

Parfait, on peut commencer ;-).


Tout - ou presque -  au sein de L'Ordre du Phoenix - les enjeux, les histoires, les secrets - sont à propos de Harry. On peut croire que c'était également le cas des tomes précédents, mais ça l'était seulement dans des proportions moins absolues. L'École des Sorciers était surtout à propos de Poudlard avec Quirrell et Voldemort comme clefs de l'intrigue. La Chambre des Secrets racontait avant tout Serpentard, son ou ses héritiers, les Malefoy (Ginny, Dobby et Mimi Geignarde). Le Prisonnier d'Azkaban, évidemment, concernait les Maraudeurs, Sirius et Peter Pettigrow en tête. La Coupe de Feu se dénouait avec la famille Croupton et mettait en scène des enjeux bien plus grands que ce qui concerne directement Harry (voir l'article sur La Coupe De Feu). Si Harry est au coeur de tout, tout n'est pas à propos de Harry. Contrairement à L'Ordre du Phoenix.

Harry Potter et L'Ordre du Phoenix

Avant même de parler de l'intrigue, la crise d'adolescence de Harry prend TOUTE LA PLACE. Il se sent seul puisque le monde entier est contre lui et en colère puisque ceux qui sont de son côté ne peuvent pas le comprendre. Il a raisonnablement raison, en fait. La plupart de ses camarades de classes, la presse, l'opinion publique, le ministère et Ombrage sont effectivement contre lui, tenant à tout prix à le faire passer pour un déséquilibré. Ceux qui sont de son côté n'ont pas vu mourir Cédric, n'ont pas leur sang qui coule dans le corps de Voldemort en ayant permis sa résurrection, ne se sont pas battus en duel contre lui. L'Ordre le tient à l'écart sous commandement de Dumbledore qui, lui-même, l'ignore. Donc, Harry, oui, je te l'accorde, tu es seul. Tu vas même devenir de plus en plus seul jusqu'à la fin du tome 7. Mais EST-CE QUE C'EST UNE RAISON POUR GUEULER SUR TOUT LE MONDE?
Harry Potter est censé être plus intelligent qu'une crise d'adolescence, non?

Toute l'action s'articule autour de la prophétie, de sa découverte, de son contenu et de sa possession. Harry en est l'un des sujet principal mais aussi celui qui peut la retirer. Il est donc également l'une des deux personnes capables d'en menacer la sécurité.
Il y a évidemment cette lutte entre le ministère et Harry, qui se mène principalement contre Fudge, Ombrage et La Gazette du Sorcier. L'Armée de Dumbledore, n'a de non-Harry que son nom, puisqu'il en est autant le professeur que le leader et point de ralliement.
L'occlumancie et les connexions qui existent entre Harry et Voldemort sont moins à propos de ce qu'elles montrent que du fait que, justement, ces liens concernent Harry.
Même la mort de Sirius n'est pas à propos de Sirius. Pas de corps, pas d'enterrement, Harry se débat autant avec son deuil qu'avec la culpabilité qu'il éprouve face à sa responsabilité. Sirius était, certes, plutôt solitaire, mais on ne s'attarde même pas sur la douleur de ses proches, de Remus ou de Tonks par exemple.

Acteur, cause, effet et résultat, le personnage de Harry est omniprésent, dans tous les sens du terme, au sein de ce cinquième tome. Cette sur-représentation est d'autant plus évidente qu'elle contraste avec sa sous-présence dans le tome six.

Harry Potter et Le Prince de Sang-Mêlé

Harry Potter et Le Prince de Sang-Mêlé, en ça, est très différent. On peut considérer que le fil rouge principal est l'histoire de Tom Jedusor, ses ancêtres, son enfance, sa jeunesse et ses dernières années avant de devenir Voldermort et de comprendre comment le ramener sur un plan mortel. Dans cette quête, la pierre angulaire n'est même pas Harry mais Slughorn et son souvenir que, à priori, n'importe qui armé de Felix Felicis aurait pu obtenir.
L'autre intrigue à démêler de ce sixième tome et de découvrir WHAT THE HELL IS DRAGO MALEFOY DOING ? Je vous avoue qu'à la première lecture du Prince de Sang-Mêlé, je me demandais pourquoi on y accordait autant d'importance, tout simplement parce que je considérais les faits avec les mêmes outils que Harry, et Harry est tenu hors du coup. Drago doit tuer Dumbledore et sait ce qu'il doit faire. Dumbledore sait qu'il est cible et utilise Rogue pour gérer l'affaire. Rogue doit faire semblant d'aider Drago en l'aidant réellement. À aucun moment Harry n'a de raison d'être impliqué, si ce n'est dans sa manie à fouiner dans ce qui ne le concerne pas, et à se croire plus intelligent que tout le monde. Cette histoire ne le concerne pas.

Il y a évidemment la quête de l'identité dudit Prince de Sang-Mêlé. Harry ne fait que posséder le livre, même s'il cherche une affiliation avec le propriétaire initial de son livre. La façon dont il songe qu'il pourrait s'agir de son père ou de son parrain (alors qu'il s'agit de Severus Rogue) mériterait d'ailleurs une analyse à elle toute de seule. En définitive, c'est surtout à propos de Rogue, de son histoire et de ses origines que ça ne révèle grand chose de Harry.

Même la fin ne couronne pour la première fois pas un exploit potterien. Il n'a pas sauvé de pierre philosophale, n'a pas tué de Basilic, n'a pas sauvé deux innocents d'un sort terrible, n'a pas remporté de tournoi ou échapper à Voldemort en entravant ses plans. Bref, il a rien foutu. Nada. Pire, il n'a pas réussi à récupérer d'Horcruxes et n'a pas pu empêcher la mort de Dumbledore.
On remarque d'ailleurs que le traitement de la mort de Dumbledore n'a rien à voir avec celui de la mort de Sirius. Certes, l'envergure des personnages n'est pas la même, mais la disparition de Dumbledore entraine un deuil partagé plutôt qu'individuel. 


La différence entre L'Ordre du Phoenix et Le Prince de Sang-Mêlé me paraît tellement évidente que je me demande pourquoi je ne m'en suis jamais rendu compte. L'observation n'est sans doute pas non plus d'une pertinence indispensable, mais si vous vous aimez vous pencher un peu sur les détails de l'univers de Harry Potter, peut-être que vous aimerez les relire dans une autre perspective. 

Si vous vous étiez déjà fait la réflexion, ou si vous en avez d'autres sur les tomes 5 et 6, ou si vous voulez donner votre avis sur un sujet quelconque et qui n'a rien à voir, l'espace commentaire vous est ouvert! Je suis toujours ravie de discuter d'Harry Potter. Parce que je suis une addict. Et que je n'ai pas vraiment envie de me soigner. Alors soyons addicts tous ensemble!  

Bon ça va, ça va, je vais prendre mes cachets.


xoxo
Lily